Je vous livre ici ce nouveau texte, concernant Salomon de Caus, qui m'a été aimablement transmis par Didier MAHISTRE, auteur de "100 ans de la moto en Isère", et qui m'a autorisé à le publier, considérant que ce texte fait partie de notre patrimoine industriel et intellectuel.

N'ayant pas voulu en faire une interprétation abusive et erronée, il figure ci-dessous dans son intégralité.

Ce texte est protégé par des droits d'auteurs au regard des recherches qu'il a nécessité et des révélations qui s'y trouvent et ne sauraient être utilisées, en totalité ou en partie sans autorisation préalable de son auteur : Didier MAHISTRE.

 

Salomon de Caus

(Pays de Caux v. 1576-Paris 1626)

 

Pour la plupart d’entre vous, l’ingénieur et architecte du Roy Salomon de Caus reste totalement inconnu et pourtant, il faut bien rétablir la vérité.

Ce huguenot avait été contraint de quitter la France pour s’établir en Angleterre au service de Jacques 1er (Jacques Stuart : 1566-1625) pour lequel il conçut les jardins de Greenwich et de Sormerset House. Là, il publia en 1612 : « La Perspective avec le raison des ombres et miroirs ».

En 1614, Salomon de Caus est aux services de l’électeur de Palatin, Frédéric V (1596-1632) qui lui avait confié la direction de ses jardins et de ses bâtiments. Là, il rédige un ouvrage capital intitulé : « les Raisons des forces mouvantes, avec diverses machines tant utiles que plaisantes par Salomon de Caus » publé à à Francfort en 1615.

En 1619, Salomon de Caus réalise le jardin du Palatinat à Heidelberg, jardin considéré à l'époque comme le « huitième merveille du monde ». Mais, mis au ban de l'Empire, démis de tous ses titres et dépouillés de ses possession par décret impérial, Frédéric V fut contraint à l'exil et se réfugia à Sedan auprès de son oncle Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne et duc de Bouillon (1556-1623) de 1620 à 1625.

Salomon de Caus rejoint donc sa terre natale et publie juste avant son départ en 1620, "Hortus Palatinus" où il décrit la conception de ce jardin.

Son retour en France est rendu possible car Henri III de Navarre (1572-1610), sacré Roi de France le 27 février 1594 à Chartres sous le titre d'Henri IV, avait proclamé l’édit de Nantes 13 avril 1598, et que  Louis XIII (1601-1643) lui rendit ses titres d'architecte et d'ingénieur du Roy.

Dans les premiers jours de février 1621, le marquis de Worcester (titre de courtoisie accordé à  Henry de Somerset en 1642) en galante compagnie, folâtre dans l’immense château de Bicêtre (*). Au moment où le couple traverse la cour des fous, un homme dont le visage enlaidi par la souffrance, se montre derrière les barreaux et se mit à crier d’une voix toute cassée :

Milord Worcester qui avait écouté avec une extrême attention, en promenant ses deux grands yeux bleus sur l’homme qui se montrait derrière les barreaux, demanda avec empressement le livre que lui remis le gardien, et, après avoir lu quelques pages, dit :

" Cet homme n’est point fou, et dans mon pays, au lieu de l’enfermer, on l’aurait comblé de richesses. Menez-moi près de lui, je veux l’interroger. "

Après quelques instants lord Worcester en revint triste et pensif :

" Maintenant il est bien fou, le malheur et la captivité ont altéré à jamais sa raison ; vous l’avez rendu fou ; mais quand vous l’avez jeté dans ce cahot, vous avez jeté le plus grand génie de votre époque. "

(cf. Lycée Impérial d’Angers – Travail et Industrie ou le Pouvoir de la Volonté par J.B.J Champagnac – 1804)

(*) - Au moyen âge les terres appartenaient aux Gentilly, puis aux XIIIème siècle, Pierre Le Queux cède le fief à Saint-Louis qui en fait dons à l'ordre des Chartreux. Ceux-ci le vendent à l'évêque de WINCHESTER, ambassadeur d'Angleterre, qui fait ériger un hôtel particulier en 1290. En 1632, sous l'impulsion de Louis XIII, Richelieu y fait élevé un fort en 1632 et le fief de WINCHESTER acquièrent une vocation de défense de la ville de Paris et hospitalière à partir de 1647... Le nom WINCHESTER se francisa en INCHESTRE qui devin BICHESTRE et enfin BICETRE.

 

Le fameux manuscrit que ramena lord Worcester en perfide Albion, s’intitulait : " les Raisons des forces mouvantes, avec diverses machines tant utiles que plaisantes par Salomon de Caus - 1615". 48 ans plus tard, soit en 1663, le marquis de Worcester, bien sur d’être à l'écart de toute contestation, crut pouvoir s’approprier la découverte du captif de Bicêtre en publiant son ouvrage "Century of inventions". Il n’en demeure pas moins que l’ère industrielle débuta bel et bien en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIème siècle et que l’activité de la ville de Worcester est bien vouée à la mécanique qui succéda à la porcelaine.

Donc, Salomon de Caus fut bien le véritable inventeur des machines à vapeur (cf. Petit Larousse), car non seulement il découvrit la théorie de l’expansion et de la condensation de la vapeur, c’est à dire du principe de la machine (mouvement alternatif du piston) mais encore, il décrivit une véritable machine à vapeur pour opérer des épuisements et il fut certainement le premier à penser que cette vapeur ferait marcher des voitures.

Signé : Didier Mahistre, auteur de : "100ans de moto en Isère".

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