BMW R73... et descendance

Claude Delau est un des rares internautes passant par le site "Histoire de la Moto" à se rappeler des BMW R73.
Ce qui est un peu normal, non seulement il s'en rappelle mais c'est un des seuls à en avoir possédé une. Ce qui est encore plus rare. Il a malheureusement été contraint de s'en séparer en août 2001.
Laissons le évoquer cette machine :

 
  1. Les "R73" représentent une dénomination "bâtarde" utilisée par le CMR (Centre de Montage et de Récupération).

  2. La dénomination "R73" s'est généralisée jusque chez BMW dont le musée de Munich présente, lors de ses "expéditions itinérantes" une version attelée.

  3. Les CMR étaient avaient une réputation de fragilité, faites de pièces de récupération dont beaucoup de sous-traitants étaient "Anti-Allemands" et n'hésitaient pas à "saboter" les différentes fonderies.
    Par conséquent, sur les 80 motos fabriquées, il doit en rester très peu dans leur configuration d'origine.

  4. Par contre, dans tous les pays d'Europe, les "motocyclistes" se sont aperçu qu'un moteur de R75 dans une partie cycle solo ne consommait pas trop et était fiable et puissant. Son principal défaut étant sa largeur, qui procurait une garde au sol équivalente à celle d'une BMW R12 ou des premières "Gold Wing" Honda.

  5. Très peu de gens le savent, mais dans tous les historiques consacrés à BMW, il est spécifié que la firme allemande était au bord de la faillite entre 1950 et 1960 et que ce sont de jeunes ingénieurs dynamiques qui la sortirent de l'ornière lorsqu'ils eurent l'idée de rajeunir la gamme automobile dont les modèles obsolètes ne se vendaient plus, en concevant les BMW 700 "luxus" ou "LS" dont la motorisation était similaire à celle des R75 et R73. Modèles équivalents à la "4 chevaux Renault". Cette voiture a connu un réel engouement outre-Rhin et des compétitions ont été organisées qui étaient des précurseurs des "coupes Gordini" en France. Les règlements ont évolué et de nombreux kits moteur ont été étudiés dans ce but. Kits qui se montaient également sur les moteurs "de base" R75 "Russie" ou "Sahara", mais aussi et surtout sur les R73.

  6. Jusque dans les années '60 des concessionnaires, comme Jacques Charrier, vendaient des R73 en spécifiant dans leurs annonces que ces motos étaient "toute BMW".

  7. Il y a eu des évolutions mineures lors de la prise en charge de la fabrication au CMR, mais la plus visible est le cadre en tubes ronds entre la colonne de direction et le moteur alors que tous les cadres BMW sont en tubes elliptiques.

  8. Ma R73 était une des très rares en France à être équipée d'un kit "Nardi" très haute compression. J'ai eu l'honneur de connaître Roger Sceaux à son "écluse". Qui, à cette époque (1975/1982) m'avait donné de bons conseils et il appréciait beaucoup les R73 et 750cc Suzuki 3 cylindres (pour le side-car) .

 

 
     
Claude Delau en 1969 sur sa R73.
Il avait alors environ 16 ans
Il s'agit exactement d'une R73 dans un cadre de R60
  La moto en avant-plan est la R73, frein Munch
La BMW en arrière plan est une R67/2 destinée à devenir R73 "de route"

 

Des CMR, on en voit encore, parfois, rouler. Comme ce bel exemplaire quelque peu "coursifié" aperçu à l'occasion des coupes "Moto Légende".

Peu visible sur la photo, le logo de CMR se présentait sous la forme de celui de BMW auquel on aurait fait subir une rotation de 90° tout en remplaçant le noir par du rouge et du bleu, représentant ainsi le drapeau français.


Modification qui se comprend d'autant mieux que le logo de BMW, au sortir de la  seconde guerre mondiale ne représentait pas, pour le moins, de bons souvenirs.

 
Fin 1945, le CEMEC est chargé de fabriquer des pièces de rechange pour continuer à exploiter le stock de pièces restantes. Le C7 qu'il conçoit est un latéral cubant 750cm3. En y greffant les cylindres et culasses culbutées similaires à ceux de la R75, elle devient "C8", qui sera diffusée à 30 exemplaires environ. L'exploitation n'étant plus rentable, CEMEC déposa le bilan. Ratier reprit ensuite le flambeau avec notamment la "C6S".

L'histoire tumultueuse et la provenance des pièces donnera naissance à quelques "moutons à 5 pattes" ou, pour le moins, à des modèles dont la carte grise semble en discordance avec le véhicule correspondant. C'est ainsi que la moto de J.P.Beaufays, ci-contre, est dotée d'une carte grise "C8". Lorsqu'on y réfléchit, heureusement qu'elle a toujours ses papiers d'origine : Imaginez le problème si elle avait du être immatriculée en collection.

 
Sources : Photos : Claude Delau, J.P. Beaufays
  http://www.motards-de-la-gendarmerie.info/histoire_cmr_cemec_ratier.html
http://membres.lycos.fr/memane/ratier.htm

 


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